Son nom d’artiste lui vient de sa voix, captivante, aérienne et douce, souvent portée par la délicatesse de notes de piano, entre ombre et lumière. ‘En silence’, le premier EP de Velours sorti le 19 avril nous plonge ainsi dans l’intime de la jeune chanteuse mancelle. Elle y explore ses doutes, ses peurs mais aussi ses espoirs. Des thèmes universels qui ont le don de nous rappeler que les difficultés que l’on traverse font, de manière inhérente, partie de la vie et que l’après sera sensiblement toujours plus beau. Celle qu’on a découvert dans The Voice il y a deux ans a choisi de s’écouter et de prendre son temps pour sortir ce premier disque remarquable en tous points. A cette occasion, nous avons posé à Velours quelques questions sur son parcours, la composition de son EP mais nous avons évidemment aussi abordé son expérience dans l’émission de TF1 ainsi que son lien avec son ancien coach Marc Lavoine qui lui a fait l’honneur de lui offrir une chanson. Rencontre.

The Morning Music : Le grand public t’a découvert avec The Voice, quel souvenir en gardes-tu deux ans plus tard ?

Velours : Je pense que ça m’a donné confiance en moi à certains niveaux, notamment sur le fait de savoir gérer la pression, de travailler même quand je suis hyper stressée. Ça m’a fait du bien parce que ça m’a confronté à des parties de moi que je ne connaissais pas. Je n’avais jamais subi une telle pression dans ma vie et je trouve, encore deux ans plus tard, que je ne m’en suis pas si mal sortie face à l’ampleur émotionnelle que c’était pour moi. Je suis assez fière d’avoir réussi à gérer cette pression. Et puis j’ai rencontré plein de gens avec qui je suis encore très amie aujourd’hui. C’est beaucoup de positif.

TMM : Tu avais déjà fait de la scène avant The Voice ?

Velours : Oui, je suis musicienne depuis longtemps. J’ai commencé le violon à l’âge de 6 ans. A l’école de musique on donnait des concerts et plusieurs fois par an je me retrouvais seule sur scène. Mais ce n’était pas une émission avec un enjeu dans le sens où, pendant les concerts, on a l’opportunité de créer un lien, une interaction avec le public, de prendre le temps de parler, raconter qui on est et pourquoi on chante. Alors que lorsqu’on arrive avec notre univers pour porter les chansons des autres sur un plateau de télé et qu’on a deux minutes pour convaincre, c’est beaucoup plus une performance qu’un échange au final.

TMM : Qu’est ce qui se passe pour une artiste quand on sort de cette aventure musicale ?

Velours : La suite est un peu vertigineuse parce que les projecteurs que l’on avait pendant l’émission redescendent très vite. Je m’y attendais parce que des amis qui avaient participé à l’émission m’avaient prévenu. Mais ça m’a tout de même demandé du temps pour digérer tout ce qui s’est passé puis le fait de se voir à l’écran ensuite. Ça questionne plein de choses en nous, notamment le rapport à l’image. Après l’émission, place au doute et à la remise en question. Je me suis demandé ce que j’avais envie de faire, avec qui je voulais travailler et dans quelle temporalité. Il y a cette horloge qui tourne à ce moment là et on se demande si on ne va pas louper le coche, si on ne va pas passer à côté de quelque chose si on prend trop notre temps. J’ai longtemps hésité mais j’ai décidé de m’écouter. Je ne voulais pas me trahir et je crois que j’ai bien fait parce que ça se sent quand on force les choses. Ce n’est pas sincère. The Voice fait partie de ma vie artistique mais l’émission n’en constitue pas le socle.

TMM : C’est davantage un tremplin au final pour ceux qui sont déjà des artistes à part entière.

Velours : Oui, complètement. C’est une belle expérience et je ne regrette pas du tout de l’avoir fait. Mais ma vie artistique s’est construite bien avant et j’espère qu’elle continuera après tout cela.

TMM : Il y a quelques jours, tu as sorti ton premier EP ‘En silence’ composé de 7 titres emplis de douceur et de mélancolie. On y ressent une certaine urgence, comme un besoin vital de partager tes doutes, tes peurs, tes angoisses.

Velours : C’est ce qui est sorti oui, même si je n’avais pas l’intention de me poser pour réfléchir à mes angoisses et composer là-dessus (rires). Il y a effectivement cette notion d’urgence dans quelques titres parce que ce sont des chansons qui sont basées sur ce que j’ai vécu, sur des émotions que je vivais au moment de les écrire.

TMM : Tu dévoiles dans tes titres une certaine forme de résilience également qui est plus forte que la peur de l’après au final. L’amour de l’autre mais aussi de soi finit toujours par triompher.

Velours : J’ai essayé de mettre de la lumière dans cet EP. Je trouve qu’il faut faire confiance à la vie. Pour moi, la résilience est une qualité. C’est quelque chose qui m’émeut beaucoup chez les autres, quand j’entends par exemple des témoignages de gens que je ne connais pas. Je m’accroche souvent à ça. J’ai l’impression qu’en écoutant les récits de ces personnes qui ont des histoires tragiques, je me rends compte qu’on se relève de tout et que rien n’est vraiment grave. C’était ça aussi le message que je voulais transmettre.

TMM : Dans cet EP, il y a cette chanson Et je m’évade qui traite des violences faites aux femmes, un sujet qui te tient à cœur de dénoncer.

Velours : Oui, et pour le coup, il y avait vraiment une urgence au moment d’écrire cette chanson. Je pense qu’il y a dans celle-ci de la frustration, de la douleur, et c’est évidemment un sujet qui me tient beaucoup à cœur. C’est vrai que cette chanson est assez particulière. Il y a comme une forme d’exutoire à créer des histoires et les raconter en chanson. Je pense avoir grandit dans une famille où on parlait de ces choses là, donc je me suis construit comme ça depuis que je suis enfant. Il y a eu tout le mouvement Me Too après qui a évidemment permit aux langues de se délier et qui a fait beaucoup de bien dans le monde du spectacle vivant, de la musique notamment. Cette chanson est tirée de choses que j’ai vu, que j’ai entendu, que j’ai vécu en tant que femme dans le monde de la musique ou dans la société en général. J’ai surement puisé une colère et une douleur là dedans, tout comme j’ai puisé dans des histoires, des films, des témoignages. Cette chanson est un mélange de réel et de fiction.

TMM : On retrouve aussi le titre Madeleine écrit par un certain Marc Lavoine, ton coach dans l’émission de TF1, comment ça s’est passé ? C’est lui qui t’a appelé pour te proposer cette chanson ?

Velours : C’est lui qui m’a appelé effectivement, quelques mois après les tournages et la diffusion de l’émission. Ça s’est passé un vendredi soir à 1h du matin alors que j’étais à Marseille en soirée un peu alcoolisée (rires). Là il me dit qu’il a une chanson qu’il avait écrit à la base pour lui mais qui ne sortirait pas et qu’il a pensé à moi pour l’interpréter. On a reparlé un peu de l’émission et puis il m’a donné complètement carte blanche sur la chanson parce qu’il m’a envoyé sa version avec des arrangements faits pour lui. J’ai donc reprit la chanson en piano voix avant d’ajouter des arrangements et des sonorités très aériennes pour me l’approprier.

TMM : C’est un chouette cadeau qu’il t’a fait

Velours : Oui, complètement. D’autant plus qu’il n’était pas obligé de le faire donc c’est plutôt la classe.

TMM : Tu as travaillé sur cet EP avec Klem et Val Aubert, deux musiciens rencontrés lors de la tournée The Voice, comment s’est passé l’enregistrement ?

Velours : On a enregistré tout l’EP l’année dernière dans leur studio à Montmartre. Je suis arrivé avec la majorité des compositions et on a co-composé deux chansons ensemble, Tout s’évapore et Dans les yeux. C’était un challenge que de co-composer des chansons devant des gens alors que jusque là je jouais toute seule dans ma chambre avec uniquement ma guitare ou mon piano. J’ai adoré cette expérience. On retrouve un mélange de nos influences et de nos univers respectifs. Pour le reste des chansons, je suis arrivée avec mes idées et mes arrangements, avec une direction à suivre. Les gars ont rapidement compris où je voulais aller, on a échangé sur nos idées, nos références et on a peaufiné tout ça en studio. Ça s’est très bien passé.

TMM : La musique a toujours fait partie de ta vie, et cela dès ton plus jeune âge, qu’est-ce qu’elle représente pour toi ?

Velours : La musique est au centre de ma vie dans le sens où aujourd’hui c’est mon métier. A côté de mon projet, je donne des cours de piano et de chant, c’est quelque chose que je transmets à mon tour. C’est donc omniprésent dans ma vie. Et puis j’ai cette relation amour-haine avec la musique qui me sauve autant qu’elle me fout en l’air parfois aussi. Avec cette ambivalence, c’est ce qui me fait ressentir le plus d’émotions au monde. C’est un cadeau. Et puis c’est incroyable ce sentiment d’universalité qui en découle, le fait de se dire qu’au final on fonctionne à peu près tous pareil et qu’on arrive à trouver une résonance avec les mots des autres. C’est très fédérateur et puissant.

TMM : Est-ce qu’il y a ce souhait chez toi d’écrire justement des chansons universelles qui parleront aux gens encore dix ans plus tard ou tu les vois davantage comme un instantané de ta vie ?

Velours : J’écris plus sur un instant de ma vie mais je n’ai pas la prétention de penser qu’elle soit extraordinaire (rires). J’imagine que mes chansons peuvent avoir une résonance chez les autres. En fait on traverse tous à peu près les mêmes épreuves, les mêmes émotions, les mêmes peines. C’est quelque chose qui nous constitue et évidemment les mots des autres me touchent comme les miens peut-être peuvent les toucher en retour. Je les écris pour moi sans penser à l’universalité mais j’utilise des mots simples pour décrire des choses que je viens puiser en moi qui sont pour le coup assez universels. Je pense que c’est un mélange des deux.

TMM : Quel sont les artistes qui t’ont le plus touché dernièrement ?

Velours : J’ai eu un gros coup de cœur pour le dernier album de Joanna et puis j’ai aimé pas mal de choses ces derniers temps. Pour en citer quelques uns, il y a l’EP de Solann, l’album de BEN plg ou encore l’album de ma copine Zélie et l’EP de Valentin Z mon meilleur ami qui s’appelle ‘Le renversement’ que je t’invite vraiment à écouter.

TMM : C’est quoi la suite après la sortie de l’EP ? Est-ce que tu as d’autres projets ? Peut-être de monter sur scène ?

Velours : Il y une date qui se prépare en mai ou en juin à Paris et ensuite je pense sortir des singles plutôt que de me remettre dans un processus de projet pour l’instant. Je songe aussi à des idées de clip. J’ai surtout envie d’explorer, je n’ai pas envie de m’interdire quoique ce soit et donc de m’enfermer dans un projet avec une cohérence. Je veux vraiment continuer à faire de la musique, j’ai déjà plein de nouvelles chansons que j’espère sortir bientôt.

En silence, le premier EP de Velours, déjà disponible.

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